Le MEN s’est peu emparé des éléments d’ordre qualitatif produits par l’OCDE. Il n’est pas possible de retenir l'étude PISA comme seule référence d’une approche comparative, sa dimension statistique n’épuise pas la dimension polysémique de l’évaluation des systèmes scolaires. Qui plus est, elle se limite aux élèves de 15 ans. Aussi l’OCDE enrichit-elle cette approche d’une multitude de travaux complémentaires (par exemple étude TALIS sur les enseignants, PIAAC sur les compétences des adultes, revues par pays pour évaluer les réformes). Ces travaux sont nourris par la partie statistique de l’enquête PISA, qui en sus des performances des élèves, livre nombre d'informations sur les pratiques pédagogiques à l'intérieur des classes, le climat de discipline, le bien être des élèves (chaque élève passe 30 minutes à répondre à un questionnaire sur ces thèmes). Les observations de ces études sont peu prises en compte pour orienter l’évaluation du système français. Par exemple a-t-il été envisagé de comprendre pourquoi les élèves français sont les plus anxieux avec les Japonais et les Coréens vis-à-vis de l’enseignement des mathématiques (données collectées en 2003 et 2012) alors même que leurs résultats dans cette discipline se dégradent ? L'étude PISA donne aussi des informations par pays sur les écoles primaires grâce aux questionnaires remplis par les chefs d'établissement et les parents des élèves. Or la remontée d’informations et l’évaluation des unités du secteur primaire fait défaut au dispositif français, qui reste aveugle sur ce degré décisif de la scolarité. L’OCDE a publié une synthèse de ces travaux sur la France « PISA 2015 Les défis du système éducatif français et les bonnes pratiques internationales ». Cette revue avait pour but d'aider les décideurs en identifiant les défis et en proposant des solutions à partir des réformes mises en place dans des pays où les résultats se sont améliorés. Les questions de méthode sont également abordées par l’OCDE, qui relève que si la France est reconnue pour la qualité de ses chercheurs en éducation et leurs travaux, ceux-ci sont peu sollicités pour « évaluer les réformes éducatives, pour créer un dialogue constructif et scientifique avec les politiques et la population ».